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Un agent de sourcing en 30 minutes

Brancher un index de données en MCP, décrire un persona, obtenir une shortlist commentée : le déroulé complet d'un agent de sourcing, sans écrire une ligne de code.

Titouan Albouy4 min de lecture
SourcingAgents IAMCP

Il y a deux ans, « construire un agent de sourcing » signifiait un projet : un développeur, des scrapers, un pipeline de déduplication, des semaines de réglages. Aujourd'hui, la partie difficile — l'agrégation et la fraîcheur des données — peut être déléguée à un index existant, et la partie agent tient en une session de travail. Voici le déroulé complet, minute par minute, sans écrire une ligne de code. Le seul prérequis : un client MCP (Claude Desktop suffit) et un accès à un index de données recrutement.

Minutes 0 à 5 : brancher l'index

Un serveur MCP se déclare dans la configuration du client : une URL, une clé d'authentification. C'est tout. À partir de là, l'assistant dispose d'outils qu'il peut appeler seul : rechercher des entreprises, filtrer des profils, lister des offres d'emploi actives, consulter les formations d'une école.

Le point important n'est pas la manipulation, triviale, mais ce qu'elle remplace : vous n'exportez rien, vous n'importez rien, vous ne construisez aucune base locale. L'index reste là où il vit, tenu à jour en continu ; l'agent le consulte à la demande. La donnée que vous utilisez à 9 h est celle de 9 h, pas celle du dernier export.

Minutes 5 à 15 : définir le persona, par écrit

C'est l'étape que tout le monde bâcle et qui détermine tout le reste. Un persona de sourcing utile n'est pas un intitulé de poste, c'est un faisceau de critères hiérarchisés. Par exemple :

  • Cible : ingénieur data, 3 à 6 ans d'expérience, français courant.
  • Signaux positifs : passage par une entreprise en forte croissance, école avec un cursus data identifié, expérience sur un secteur proche du vôtre.
  • Signaux d'exclusion : en poste depuis moins d'un an, profil déjà contacté par votre équipe.
  • Contexte : votre entreprise, le poste, la fourchette de séniorité réelle de l'équipe.

Rédigez cela en langage naturel, dans un document que vous collerez en début de conversation. Dix minutes d'écriture ici économisent des heures de tri ensuite : l'agent appliquera ces critères à chaque requête, systématiquement — ce qu'aucun humain ne fait à 18 h un jeudi.

Minutes 15 à 25 : la recherche en dialogue

Lancez la première requête : « Constitue une première liste correspondant au persona. » L'agent enchaîne alors seul plusieurs appels : il identifie les entreprises pertinentes (par exemple les sociétés tech de 50 à 500 salariés ayant publié des offres data récemment — signal qu'une équipe existe et recrute), croise avec les profils de l'index, filtre selon vos exclusions.

La différence avec une recherche booléenne classique se joue dans le dialogue. Vous pouvez répondre : « Trop de profils parisiens, élargis à Nantes et Bordeaux », ou « Écarte les entreprises de conseil », et l'agent reformule ses requêtes en conséquence. Chaque itération prend trente secondes, contre une reconstruction complète de recherche dans un outil traditionnel. En pratique, trois à quatre itérations suffisent pour passer d'une liste brute de 200 profils à une présélection de 25.

Minutes 25 à 30 : la shortlist commentée

Dernière consigne : « Pour les 10 meilleurs profils, justifie en deux phrases l'adéquation avec le persona et signale les points à vérifier en entretien. » Le résultat n'est pas une liste de noms : c'est une shortlist argumentée — pourquoi ce profil, quel signal l'a fait remonter, quelle zone d'ombre subsiste. C'est précisément le livrable qu'un chercheur de talents senior produit en une demi-journée, et c'est aussi un document que vous pouvez contester ligne à ligne, car chaque affirmation renvoie à une donnée de l'index.

Ce que ces 30 minutes révèlent

Remarquez ce qui a disparu de l'exercice : l'application de sourcing elle-même. Pas de grille de filtres à apprendre, pas d'interface propriétaire. Il reste un modèle, un protocole, et un index. Toute la valeur s'est déplacée vers la qualité de ce dernier : sa couverture, sa fraîcheur, sa déduplication. Un agent brillant branché sur des données périmées produit des shortlists périmées — avec assurance.

C'est le rôle que sourcing.sh a choisi : non pas une application de plus, mais l'index — environ 123 000 profils, 200 000 entreprises, 98 000 écoles, 1,4 million d'offres d'emploi — agrégé via des sources partenaires, rafraîchi en continu par des agents, et exposé en MCP, en API ou directement dans votre ATS. Au forfait : vos 30 minutes d'agent ne déclenchent pas de compteur de crédits. Les agents s'écrivent désormais en une demi-heure ; l'index, lui, reste un métier.

Par Titouan Albouy

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